Chers amis,

Ma lettre consacrée aux 5 nourritures préférées du cancer vous a fait réagir.

Certains me remercient :

Johanne :

« Merci tellement pour ces précieux renseignements. Je vais les transférer à plusieurs personnes qui ont déjà des problèmes de santé. »

Inge :

« Merci pour vos articles, en général. Je voudrais juste vous en remercier, vous remercier de dire les choses clairement, sans tourner autour du pot. »

Michèle :

« Merci Rodolphe, votre article est d’une clarté formidable.

Il devrait éclairer les gens malades, et leur donner envie de se battre dans le bon sens. »

Il ne s’agit pas de tout arrêter, tout le temps !

Mais d’autres sont aussi plus inquiets, comme Stéphane :

« Si je comprends on ne doit plus rien manger ???

Que nous reste-t-il comme aliments ? »

Stéphane a raison, c’est très difficile de supprimer du jour au lendemain ces fameuses « nourritures préférées du cancer ».

Bannir le sucre par exemple est un parcours du combattant : il est partout !

La plupart de ces aliments, en fait, sont étalés dans les rayons des épiceries, peuplent la cuisine de nos proches… Difficile de résister ! Les occasions conviviales sont nombreuses de manger des rondelles de saucissons, des petits fours, etc.

Si vous avez déjà été diagnostiqué d’un cancer, c’est cependant indiscutable, il faudrait éviter ces nourritures au maximum.

Car en vous interdisant les sucres rapides, les produits transformés, les graisses saturées, etc., vous privez le cancer de ses principaux carburants.

Si vous n’avez pas été diagnostiqué d’un cancer, quelle est la bonne attitude ?

Il faut vous en désaccoutumer, c’est à dire les rendre progressivement « exceptionnels ».

Vous connaissez la formule de Paracelse : c’est la dose qui fait le poison.

Vous serez peut-être vous-même surpris du résultat.

Il y a encore dix ans, manger un croissant, un pain au chocolat ou une tartine de confiture au petit déjeuner, cela me paraissait absolument normal.

J’ai arrêté (je vous expliquerai un peu plus loin par quoi je les ai remplacés) et depuis, lorsque je mange un pain au chocolat… cela me semble horriblement sucré !

Je ne trouve même plus ça très bon, tant ça me paraît sucré !

En revanche, l’un des péchés mignons que j’ai gardés, c’est la tartelette aux framboises ou au citron, la plus fraîche possible… J’en mange sans doute une par mois. Et à chaque fois, je la savoure !

« Que nous reste-t-il comme aliments ? »

Si on y pense, chez nos aînés :

  • la viande était un mets exceptionnel ;
  • les aliments très sucrés, un luxe ;
  • et il va sans dire que les aliments ultra-transformés n’existaient pas.

Toutes sortes de régimes prétendent, depuis quelques années, revenir à l’alimentation de ces ancêtres pour échapper aux « maladies de civilisation » : le régime paléo, le régime cétogène, le régime chasseur-cueilleur…

Personnellement, je trouve ces régimes très contraignants.

Ceux qui les promeuvent sont souvent dogmatiques et « condamnent » les écarts.

Je leur reproche de faire croire que le régime parfait existe, et que c’est évidemment leur régime qui l’est.

Il existe des régimes plus protecteurs que d’autres, c’est certain : le régime crétois à base de légumineuses, de légumes, d’herbes, d’huile d’olive, etc., est bien plus sain que le régime tex-mex à base de viandes en sauce et de chips !

Mais une fois qu’on a dit ça… il faut revenir au bon sens… et à la science.

Les régimes des zones bleues, ces régions du monde où l’on vit plus longtemps que partout ailleurs sur la planète, ont pour point commun de donner une base végétale à l’alimentation.

Ils mangent parfois de la viande, des choses très sucrées… mais en toute petite quantité. Et « comme par hasard »… leurs taux de cancer sont extrêmement bas !

C’est ma réponse à votre question « que nous reste-t-il comme aliments ? », cher Stéphane : les végétaux !

Ce sont eux qui nous protègent le plus des cancers et de leur prolifération.

Essayez différentes variétés de légumes, variez les couleurs… et variez les plaisirs ! 

« Et le plaisir de manger ? »

Dominique m’écrit justement :

« Très bien, mais le plaisir de manger dans tout ça ? La frustration n’est-elle pas un facteur négatif dans le cancer ? Toutes vos recommandations je les connais mais comme il me paraît impossible de tout supprimer (plaisir et vie sociale obligent), j’essaye d’équilibrer, mais il est difficile d’évaluer la quantité et la fréquence « autorisées » pour limiter les effets néfastes sur notre santé. Merci de nous éclairer dans une prochaine lettre. »

Je suis tout à fait d’accord avec vous, Dominique, la frustration fait finalement le jeu du cancer…

Mais accoutumance et plaisir sont deux choses différentes.

J’éprouve énormément de plaisir à manger un bel onglet de bœuf (mon grand-père était boucher !)… mais je n’en mange pas tous les jours ! La rareté du mets décuple le plaisir que j’ai à le manger.

Donc, oui, pour moi c’est très clair : il faut se faire plaisir.

Mais on peut se faire plaisir avec des choses bonnes pour la santé !

Avez-vous déjà préparé et goûté des tagliatelles de courgettes ? Un velouté de champignons ? Un bon gaspacho avec des produits d’été frais ?

Le plaisir est là aussi. Et comme tous les plaisirs, ça s’apprend, ça se cultive.

Ma réponse est donc la suivante : continuez à vous faire plaisir, mais réduisez autant que possible les occasions de plaisirs néfastes pour votre santé et cultivez les occasions de plaisirs bienfaisants, ils existent, et ils sont très, très nombreux !

« Que manger au réveil ? »

Geneviève, elle, m’écrit :

« Ne plus manger de céréales le matin. Pas de yaourt (trop d’acidité). Pas de sucre. Pas de fruits crus, pour les mêmes raisons et une fragilité intestinale !… OK, faut-il manger des brocolis, des courgettes, des haricots au réveil ?…. Que reste-t-il ? Éclairez-moi !… MERCI ! »

Chère Geneviève, ne mangez évidemment pas des brocolis au petit déjeuner !

Mais si vous souhaitez effectivement sortir du cercle vicieux des sucres rapides au petit déjeuner (céréale, pain blanc-confiture, etc.) et qu’en outre vous souffrez d’une sensibilité intestinale qui vous empêche de manger des fruits crus, voici quelques conseils.

Il est important d’avoir des apports protéiques riches le matin (et faibles, sinon nuls, le soir) : c’est ce qui dynamise le mieux le matin, et procure de l’énergie sur la durée.

(À l’inverse, manger des protéines le soir va nous dynamiser et nous empêcher d’avoir une bonne récupération de sommeil.)

Voici ce que vous pourriez essayer, chère Geneviève… et que je prends moi-même au petit déjeuner :

  • un œuf à la coque ;
  • une tranche de pain de seigle sur laquelle je tartine de la tapenade d’olives noires, et que je couronne souvent de fines tranches de petites tomates ;
  • un demi-avocat ;
  • du thé vert. 

Essayez ! D’autres alternatives s’offrent à vous : les graines de chia, le quinoa, l’amarante, les produits à base de soja comme le tofu, les concombres, les haricots…

Le petit déjeuner est un sujet si important que j’y reviendrai bientôt dans une lettre à part entière.

Portez-vous bien,

Rodolphe Bacquet