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Comment ne pas porter de couches

Rodolphe Bacquet 5 août 2026

Chers amis,

Dimanche dernier, je vous écrivais à propos d’un tabou bien ancré : le prolapsus.

Je vous ai expliqué ce qui se passe dans votre corps lorsque vous subissez une descente d’organes.

Et j’ai terminé mon message en vous disant qu’il était possible de mettre en place de nouvelles habitudes pour prévenir la descente d’organes et aider à résoudre les problèmes qui en résultent…

… comme les fuites urinaires.

Également taboues, les fuites urinaires ne semblent avoir, pour seules solutions “efficaces”, dans l’imaginaire collectif, que les couches antifuites.

Fuir ou ne pas fuir ?

Pour celles qui doivent répondre à la question angoissante : “fuir, ou ne pas fuir ?”, la perspective de porter des couches peut être humiliante, voire infantilisante.

“Ne pas fuir”, se résumant donc souvent a priori à “porter une protection”. 

Or, je le répète ici, il existe des solutions permettant d’éviter d’en arriver là

Acheter des protections anti-fuites revient à traiter le symptôme, sans chercher à en résoudre la cause. 

Les premiers signes avant-coureurs des fuites urinaires apparaissent souvent bien avant une incontinence installée, parfois plusieurs années avant.

L’un des signes qui favorisent l’apparition des fuites dans le temps est une mauvaise posture.

Si vous vous tenez les épaules enroulées sur elles-mêmes, que vous avez une sensation de pesanteur dans votre bas-ventre et que celui-ci se projette en avant, les pressions sur votre plancher pelvien sont mal réparties : tout le poids de votre tête, de votre colonne vertébrale repose dessus.

Votre plancher pelvien n’est évidemment pas fait pour supporter tout ce poids.

À l’inverse, si vous vous tenez droite :

Le poids du corps est bien réparti et minimise les risques de fuites.

De même, si vous ressentez un inconfort au niveau de la vulve ou du vagin lorsque vous vous levez, lorsque vous croisez les jambes, tout simplement, lorsque vous changez de position, ce sont autant de signaux d’alerte à ne pas négliger.

La petite goutte qui (ne) fait (pas encore) déborder la vessie

Autre signe révélateur : perdre ne serait-ce qu’une seule goutte d’urine en portant une charge lourde, en toussant ou même en soulevant vos petits-enfants dans vos bras.

Ce n’est pas anodin, c’est déjà une dysfonction, la preuve que votre corps a mis en place des compensations pour limiter la casse à cette seule goutte.

Lorsque vous perdez une goutte d’urine, souvent à cause d’un “ effort ” brusque, comme :

  • une toux ;
  • un éternuement ;
  • un éclat de rire ;
  • un saut ;

la pression intra-abdominale monte d’un coup.

Les “Trois Mousquetaires” de la continence

Pour vous aider à comprendre ce qui se passe dans votre corps lorsque vous subissez une perte d’urine, prenons l’image des “Trois Mousquetaires”.

Le premier Mousquetaire est votre périnée, le deuxième, votre diaphragme et le troisième, votre sangle abdominale.

Ils travaillent normalement main dans la main pour gérer les pressions à chaque effort. 

Lorsqu’ils fonctionnent en synergie, la pression se répartit entre les trois et votre corps encaisse sans broncher un éternuement, un fou rire ou un saut.

Mais dès que l’un des trois perd le rythme, à cause :

  • d’une mauvaise posture depuis plusieurs années ;
  • d’un surplus de masse grasse au niveau de la sangle abdominale ;
  • de l’âge qui avance ;
  • d’une ou plusieurs grossesses ;
  • de la ménopause ;

Cette coordination ne se fait plus : le diaphragme ne peut plus jouer son rôle d’amortisseur, la sangle abdominale ne s’engage plus…

Et tout le poids retombe sur le plus fragile des trois : le périnée et donc ensuite le sphincter de l’urètre.

Et le périnée, nous l’avons vu, n’est pas conçu pour porter cette charge seul et amortir autant de pression.

Car votre plancher pelvien est composé à 95 % de tissu conjonctif.

C’est un tissu de contention, de soutien continu et de faible intensité.

Il n’est en aucun cas fait pour absorber un pic de pression soudain et violent.

Votre plancher pelvien ne se muscle absolument pas comme votre biceps : il ne peut pas se développer comme un muscle.

Mais il doit se renforcer et surtout, s’équilibrer en trio avec votre sangle abdominale et votre diaphragme.

Portez-vous bien, 

Rodolphe Bacquet

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