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Bien-êtreSanté et émotionsSociété5 juillet 202611 min98 vues
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Petites ou grandes vacances ?

Rodolphe Bacquet 5 juillet 2026

Chers amis,

Ça y est ! Vos enfants et/ou petits-enfants sont en grandes vacances.

Et vous ? Si vous travaillez, prenez-vous des vacances cet été ? Si vous êtes à la retraite, partez-vous en voyage ?

Les congés payés ne sont pas seulement un acquis social (qui fête cette année ses 90 ans) : c’est également un facteur de longévité.

Mais pas forcément de la manière à laquelle vous vous attendez de prime abord.

Si le travail c’est la santé, les vacances c’est la survie

Je ne prétends pas vous apprendre que les vacances sont globalement bonnes pour la santé.

Je dis « globalement » car ensuite, évidemment, tout dépend où, et avec qui, vous partez… Partir avec une belle-mère acariâtre ou, soyons justes, un gendre pénible (tous les adjectifs sont échangeables) peut transformer vos vacances en calvaire.

Mais, bon, si le travail c’est la santé, les vacances aussi, et davantage encore : la survie.

Des études au long cours (l’une sur près de 40 ans !) ont en effet démontré que moins l’on prend de vacances, plus le risque de mourir prématurément augmente.

L’étude sur 40 ans dont je parle a été publiée en 2017 par des chercheurs finnois : à partir de 1974, une cohorte de quelque 2741 cadres et hommes d’affaires a fait l’objet d’un suivi pendant 26 ans.

Ils avaient 47 ans en moyenne au début de l’étude, 73 ans à la fin du suivi « actif ». En 2014, 778 d’entre eux étaient décédés.

Ce très long suivi a permis de « sortir » la statistique suivante : les hommes prenant 3 semaines de vacances ou moins par an présentaient 37 % de risque supplémentaire de décès par rapport à ceux qui prenaient plus de trois semaines de congés[1].

Ce qui est intéressant, avec cette cohorte, c’est qu’elle rassemblait des hommes faisant partie d’un groupe bénéficiant d’un suivi médical intensif et de conseils hygiéno-diététiques.

Autrement dit, bien manger, surveiller son cholestérol et faire du sport ne compensait pas suffisamment le manque de récupération lié à des vacances trop courtes.

Une autre étude, américaine cette fois et ayant suivi durant 9 ans 12 000 hommes d’âge moyen présentant un risque élevé de maladie coronarienne, a pu établir une association entre la fréquence des vacances annuelles la réduction du risque de mortalité toutes causes confondues et, plus précisément, de mortalité attribuable à une maladie coronarienne[2].

(Ne me demandez pas, en revanche, pourquoi toutes ces études portent exclusivement sur des cohortes masculines…)

Les auteurs avancent plusieurs mécanismes :

  • diminution chronique du stress jamais complètement résorbée ;
  • activation prolongée du système sympathique ;
  • cortisol constamment élevé ;
  • inflammation chronique ;
  • augmentation progressive du risque cardiovasculaire.

Ils parlent d’un déficit chronique de récupération (recovery deficit).

Bref, la messe semble dite : + de vacances = vie + longue

Longues vacances = longue vie ?

Mais ce n’est pas si simple.

Si le seuil de trois semaines/an semble décisif, il y a un autre élément capital à prendre en compte, et qui apparaît dans la seconde étude : c’est celui de la fréquence des vacances.

Et ce pour une raison simple : quelle que soit la durée de vos vacances, l’effet « déconnexion » et récupérateur s’estomperait à la même vitesse.

Une méta-analyse de 2009 a passé en revue les sept meilleures études disponibles à l’époque sur les effets des vacances sur la santé et le bien-être.

Les auteurs concluaient que les vacances procurent un bienfait réel mais modéré : elles réduisent la fatigue, améliorent le bien-être général et diminuent les plaintes liées au stress. En revanche, ces effets, écrivent-ils, s’estompent rapidement après la reprise du travail, ce qui souligne l’importance d’intégrer des périodes de récupération régulières au cours de l’année[3].

Toutefois, une étude beaucoup plus récente, publiée l’an dernier, modère ces résultats de façon importante.

Cette méta-analyse publiée en 2025 a compilé les résultats de 32 études issues de 9 pays différents afin de réévaluer l’impact des vacances sur le bien-être des travailleurs.

Contrairement aux conclusions de l’étude précédente, les auteurs montrent que les vacances procurent un bienfait qui persiste plus longtemps qu’on ne le pensait après la reprise du travail ; en l’occurrence, en moyenne 6 semaines (43 jours).

L’efficacité des congés dépend notamment de leur durée, de la culture du pays et du nombre de jours de congés légalement garantis.

En analysant plus finement les activités pratiquées pendant les vacances, les chercheurs concluent que la déconnexion psychologique du travail et l’activité physique sont les deux facteurs les plus étroitement associés à une récupération durable[4].

L’un dans l’autre, toutes ces études s’accordent sur un point – outre le fait que les vacances sont un facteur de survie et de longévité, évidemment : c’est qu’il est préférable de répartir ses semaines de congés au cours de l’année.

Autrement dit : mieux vaut plusieurs « petites vacances » à intervalle régulier, qu’une seule fois des « grandes vacances » au cours de l’année.

Mais encore faut-il savoir ce qu’est… une vraie vacance.

La formule de vacances réussies ?

Car il ne suffit pas de quitter son bureau ou son environnement quotidien pour récupérer.

Les psychologues parlent désormais de « qualité de récupération ».

En 2020, une équipe de chercheurs finlandais, néerlandais et allemands a proposé un modèle baptisé DRAMMA, qui identifie les six ingrédients indispensables à des vacances réellement bienfaisantes et récupératrices[5].

DRAMMA est l’acronyme de ces 6 ingrédients :

  • D comme Détachement ; autrement dit la déconnexion psychologique : parvenir à cesser de penser au travail, ne plus consulter vos courriels professionnels (ou personnels s’ils vous stressent), ne plus anticiper la réunion de la rentrée. Votre cerveau a besoin, lui aussi, d’une frontière nette entre le temps du devoir et celui du repos ;
  • R comme Relaxation : faire baisser le niveau de stress en vous détendant (sieste, promenade, exercice de relaxation, etc.) ;
  • A comme Autonomie, c’est-à-dire la liberté de choisir votre rythme et vos occupations, loin des contraintes quotidiennes ;
  • M comme Maîtrise : profiter des vacances pour pratiquer une activité dans laquelle vous excellez (je ne sais pas, moi : la poterie, le dessin ou le volley !) et/ou apprendre une nouvelle activité ou discipline, développer une compétence, aussi modeste soit-elle. Contrairement aux idées reçues, votre cerveau se ressource souvent davantage lorsqu’il est agréablement stimulé que lorsqu’il reste totalement inactif ;
  • M comme Meaning, i.e. le sens que vous pouvez trouver dans une randonnée, une visite culturelle, un engagement bénévole ou simplement le temps retrouvé avec vos proches ;
  • A comme Affiliation, soit la qualité des relations humaines. Les vacances sont d’autant plus réparatrices qu’elles nourrissent votre sentiment d’appartenance et renforcent vos liens avec ceux qui nous entourent.

Évidemment, nous avons tous une « formule » différente pour des vacances réussies.

Pour les uns, c’est partir en camping chaque année au même endroit, pour les autres, faire un voyage exotique et découvrir de nouveaux territoires.

Ma recette de vacances idéales. Et la vôtre ?

Pour ma part, depuis quelques années nous partons en famille une année sur deux sur une petite île en France – jamais la même.

Les vacances sur les îles nous permettent, à ma famille et moi, d’être dans un environnement à la fois propice aux balades en nature, à pied ou à vélo, ainsi qu’à la baignade évidemment ; je trouve qu’être dans un environnement « clos » dont on peut faire le tour facilement, que l’on peut explorer à fond et où l’on développe rapidement des habitudes, est particulièrement reposant.

Je vous ai déjà parlé de ces vacances au sujet du beach combing que nous y pratiquons en famille, vous vous souvenez ? Ce sont celles, généralement, dont nous nous souvenons avec le plus de plaisir et de nostalgie par la suite.

À l’inverse, ces vacances me demandent, à chaque fois, une longue préparation anticipée, car les possibilités de logement sont rares et difficiles à trouver : il faut également organiser les transports en train et en bateau (nous n’avons pas de voiture).

Mais cette préparation plusieurs mois en avance me permet de profiter d’un autre bienfait reconnu de vacances réussies, qui ne figure pas dans le modèle DRAMMA : c’est celui de l’anticipation.

Une étude néerlandaise de 2010 montrait en effet que le simple fait d’avoir des vacances à « attendre » constitue déjà un bienfait psychologique mesurable.

Les chercheurs ont suivi plus de 1 530 adultes et comparé leur niveau de bonheur avant, pendant et après les vacances ; ils ont observé que :

  • les personnes qui ont des vacances programmées sont plus heureuses que celles qui n’en ont pas ;
  • cette différence apparaît plusieurs semaines avant le départ ;
  • les auteurs estiment que cette hausse est largement liée au plaisir de l’anticipation (looking forward to the holiday)[6].

En revanche, quelques semaines après le retour, le niveau de bonheur revient généralement à son niveau habituel.

Il y a une autre condition cependant à ce bienfait : c’est d’arriver à gérer le stress… d’avant les vacances.

La chercheuse néerlandaise Jessica de Bloom, déjà impliquée dans plusieurs études que j’ai citées, a suivi des salariés durant les deux semaines précédant leur départ[7] :

  • contrairement à ce qu’on aurait pu croire, l’anticipation ne suffit pas à améliorer le bien-être dans les derniers jours précédant les vacances ;
  • au contraire, la dernière semaine est souvent la plus éprouvante, en raison de la surcharge de travail pour compenser par exemple, l’absence au bureau, des dossiers à terminer et, chez beaucoup de femmes, de la charge domestique supplémentaire liée aux préparatifs.

… Et, bien que je ne sois pas une femme, je constate en effet avant chaque départ en vacances, que ce soit en été ou en hiver, que les derniers jours, voire les dernières semaines, sont un vrai marathon pour pouvoir partir la conscience tranquille (notamment en écrivant et programmant les lettres que je vous adresse !). 

Enfin, dernier ingrédient de ma recette : c’est le choix des livres que j’emporte ! Là encore, j’anticipe l’accord parfait entre l’endroit où nous partons et les longues plages de lecture tranquille que je pourrai m’y accorder. J’ai ainsi lu Deux ans de vacances de Jules Verne sur Tatihou, Robinson Crusoé de Daniel Defoe sur l’île de Groix ; Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo sur celle de Sein, et cette année j’emmène avec moi… L’Île, de Robert Merle.

Et vous, quelle est votre recette de vacances idéales ? Vous pouvez me la décrire en commentaire.

Portez-vous bien,

Rodolphe


[1] Voir la source TE Strandberg et al., « Liens entre le temps de vacances, le mode de vie, la mortalité à long terme et la qualité de vie liée à la santé des personnes âgées : l’étude des hommes d’affaires d’Helsinki » dans ScienceDirect, juillet 2017

[2] Voir la source BB Gump et al., « Les vacances sont-elles bonnes pour la santé ? Analyse de la mortalité à 9 ans après un essai d’intervention sur de multiples facteurs à risques », dans National Library of Medicine, septembre 2000  

[3] Voir la source Jessica de Blom et al., « Se remet-on vraiment des vacances ? Méta-analyse des effets des vacances sur la santé et le bien-être », dans National Library of Medicine, le 19 décembre 2008

[4] Voir la source Rayan S Grant et al., « J’ai besoin de vacances : une méta-analyse des vacances et du bien-être des employés », dans National Library of Medicine, le 20 janvier 2025

[5] Voir la source Miika Kujanpää et al., « Satisfactions des besoins et fonctionnement optimal pendant les loisirs et au travail : une étude de validation longitudinale du modèle DRAMMA », dans Springer Nature Link, le 26 mars 2020

[6] Voir la source Jeroen Nawijn et al., « Les vacanciers sont plus heureux, mais la plupart ne le sont pas après les vacances », dans National Library of Medicine, le 10 février 2010

[7] Voir la source Jeroen Nawijn et al., « La période précédant les vacances : bénédiction ou fardeau ? », dans ResearchGate, janvier 2013

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    Les vacances pour moi sources de stress, de surchage mentale, et de fatigue avant et après (anticipation, préparation, se mettre à jour, départ, embouteillage, file d'attente, chaleur, dépenses, boîtes aux lettres remplie au retour, frustration au retour... BUDGET et TEMPS investi dans l'aménagement de la maison (piscine, salle de sports, jardin, et s'offrir des moments de détente et de plaisirs tout au long de l'année et non pas sur une courtes période. DE PLUS Etant famille d'accueil, je ne suis pas partie et pas pris de vacances pendant plus de 10 ans, car la préparation etait stressante, pour moi et les enfants que j'accueillaient. J'ai favorisé les vacances à la maison sans horaire de visite, de repas, projets de visite au gré de nos envies et de la météo. Les amis étant les bienvenus C'est une autre façon de concevoir les vacances et cela me réussit, ce mode de fonctionnement a apporté de la stabilité et de la joie aux enfants accueillis et je me suis nourrie des ces moments de bienveillance, la maison est notre écrin
  2. Louise
    Prendre des vacances est une incitation politique pour que les gens ne s'emparent pas des sujets qui provoquent notre chaos actuel. Bien entendu certains travaillent pendant leurs vacances à ce qu'ils n'ont pas trop le temps de faire pendant le temps de travail.
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    Monsieur, mes vacances d'été ont lieu pour une bonne part dans des départements montagneux. Je suis habité par une passion de la randonnée. Voir des paysages se former, se dégager presque à chaque pas me fascine. Puis j'ai une passion pour les vieilles pierres, villages, murets, édifices...Et puis rechercher ce qu'il reste d'élevage d'alpage et en trouver encore quelques traces (avant la fin) rallume toujours une petite flamme d'espérance. Ma maison lorraine est aussi un lieu de ressourcement, avec ses mirabelliers.

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