Chers amis,

Non, ce n’est pas une erreur.

Le mot ressuscitation n’est pas très beau, mais il est utilisé en médecine et figure dans le dictionnaire.

L’Encyclopedia Universalis en donne la définition suivante : « en médecine, action de ramener à la vie un malade en situation de mort apparente[1] ».

J’ai découvert ce terme dans le tout dernier livre du Dr Jean-Jacques Charbonier[2], dont je vais vous reparler dans un instant ; vous parler de ressuscitation le jour de Pâques me paraissait une belle façon de commencer cette lettre.

Pourquoi ressuscitation et pas résurrection ?

Pourquoi les médecins anesthésistes-réanimateurs parlent-ils de ressuscitation et non de résurrection ?

Ce n’est pas qu’à cause de la connotation religieuse de ce dernier terme.

Lorsque l’on parle de « résurrection », on pense en effet immédiatement à Jésus, ou à Lazare.

En réalité, le terme de ressuscitation reflète le flou entourant une autre notion : celle de mort.

A priori, la mort, c’est la mort, point barre. Quand on est vivant, on n’est pas encore mort ; quand on est mort, on n’est plus vivant.

Aux yeux de la médecine et aux yeux de la loi, la mort n’a pas tout à fait la même définition. Ces nuances subtiles se retrouvent dans une notion essentielle à la définition de ressuscitation que j’ai partagée avec vous plus haut : celle de mort apparente.

Jusqu’en 1968, un individu était déclaré mort quand il ne respirait plus et que son cœur ne battait plus. Les progrès de la médecine de réanimation ont été tels au XXème siècle qu’on sait maintenant faire « repartir » le cœur et les poumons.

Cela se produit tous les jours dans les hôpitaux.

Désormais, du point de vue de la loi, c’est l’arrêt du cerveau qui signe la mort du patient[3].

Mais vous voyez, là encore, que la mort cérébrale n’est pas la mort médicale, qui appelle d’ailleurs cet état « coma dépassé ». La machinerie biomédicale moderne permet de maintenir artificiellement en vie une personne en état de mort cérébrale en faisant mécaniquement fonctionner le cœur et les poumons.

La personne dans un tel état n’est pas morte… mais elle n’est plus vraiment vivante. C’est souvent dans ce contexte que se produit le prélèvement d’organe : votre cerveau peut être éteint, et votre foie encore en état de marche.

Pour compliquer les choses, la définition légale de la mort varie d’un pays à l’autre !

En France, aujourd’hui, seul un médecin est habilité à constater un décès ; la formulation officielle est éloquente : « la mort paraît réelle et constante ».

Autrement dit, le cœur, les poumons et surtout le cerveau se sont arrêtés depuis trop longtemps pour que l’on puisse espérer de les faire repartir ; du reste, au bout de 5 minutes d’arrêt de la circulation sanguine, les lésions cérébrales sont trop graves pour envisager un retour.

Mais cette formulation officielle de mort « paraissant réelle et constante » laisse voir, en creux, une vérité connue depuis l’Antiquité, et vérifiée régulièrement par les médecins urgentistes et réanimateurs : oui, il est possible de revenir de la mort.

Jean-Jacques Charbonier parle, de façon très juste, d’« expérience de mort provisoire ».

Et c’est ce qui se passe durant cet état de mort provisoire, soit avant la ressuscitation du patient, qui intéresse depuis des années de nombreux chercheurs.

Entre la vie et le mort, ou plutôt entre la mort et la vie

Les progrès de la médecine de réanimation ont en effet eu une conséquence inattendue : la multiplication, et la validation, des témoignages de ce que l’on appelle les EMI (expériences de mort imminente).

Les travaux du Dr Raymond Moody, qui a consacré une série de livres à ce passionnant et – comme on s’en est rendu compte depuis – universel phénomène, ont fait figure de référence incontournable ; le premier de ces livres s’intitule La Vie après la vie[4], et il est frappant de constater combien tous les ouvrages ultérieurs concordent avec ce titre pionnier, auquel d’ailleurs les auteurs et chercheurs font systématiquement référence.

Le Dr Jean-Jacques Charbonier y fait d’ailleurs une nouvelle fois allusion dans son livre paru ce mois-ci chez Trédaniel[5] ; ce qu’il y a d’intéressant, chez Charbonier dont je suis les travaux depuis de nombreuses années maintenant, c’est qu’en tant que médecin anesthésiste-réanimateur il a pu « en direct » faire ses propres statistiques, observant ainsi qu’entre 2 et 4 % des personnes endormies pour une opération vivaient une expérience de sortie hors du corps[6].

Ce n’est évidemment pas tout. Il a recueilli, également en direct, des témoignages de contacts avec des défunts chez des personnes revenues de la mort.

Mais ce qu’il y a d’intéressant, avec Charbonier, c’est qu’il ne s’est pas arrêté là : il y a quelques années il a testé, et éprouvé, une méthode qu’il appelle la Transcommunication hypnotique (TCH) permettant d’espérer faire cette expérience de décorporation, de contact avec des défunts ou des « messagers »… sans mourir provisoirement, mais au cours d’une séance d’hypnose collective.

Mon expérience de TCH

Le nouveau livre du Dr Charbonier offre une abondance de témoignages de personnes ayant expérimenté une ou plusieurs TCH, et racontant ce qui s’est passé pour elles sur le moment… ou plus tard.

Certains qui s’attendaient à voir des morts ne les voient pas, ou bien pas ceux auxquels ils s’attendaient ; les uns reçoivent un message étonnant qui prend tout son sens des semaines ou des mois plus tard, les autres évoquent même une vision de leur avenir…

Certains de ces témoignages sont amusants, d’autres sont émouvants ; beaucoup sont troublants et, en tout cas, appuient la thèse principale du Dr Charbonier, à savoir que la « conscience » ne se situe pas exclusivement dans le cerveau.

Libre à vous de les interpréter ; leur lecture vous sera profitable, j’en suis sûr.

Il y a six ans, j’ai voulu en juger par moi-même et j’ai participé à l’une de ces séances. C’était à Limoges, ville neutre où je n’avais jamais mis les pieds, et où je ne suis d’ailleurs jusqu’à maintenant jamais retourné.

J’ai suivi, avec une quarantaine d’autres personnes, le même protocole : un masque sur les yeux, un casque sur les oreilles, j’ai été allongé pendant un long moment sur une sorte de transat, une couverture sur les genoux, à écouter les indications hypnotisantes du Dr Charbonier, mêlé à divers sons.

Et… il ne s’est rien passé. Je ne suis pas sorti de mon corps, je n’ai vu personne, mort ou vivant d’ailleurs, ni reçu aucune information. Ça a même été plutôt désagréable.

Mais à l’issue de la séance, une grande femme, blonde, est venue me voir et m’a demandé : « Comment va votre cœur ? »

J’étais interloqué : je n’avais pas de problème cardiaque ; en tout cas pas à ma connaissance.

Je n’ai pas répondu. Alors la femme a poursuivi : « Durant la séance d’hypnose j’ai vu un cœur qui souffrait énormément, déchiré par un poignard, et je suis sûre que c’était vous. »

Or à cette époque j’étais en plein contentieux avec mon épouse, dont je venais de me séparer, et qui m’empêchait de voir régulièrement les deux enfants que nous avions eus ensemble, dont elle réclamait la garde exclusive au tribunal.

Et cette situation me « déchirait le cœur », en effet, provoquant en moi une immense souffrance et une insondable tristesse.

J’ai alors répondu : « Oui, c’était moi en effet. »

Inutile de préciser que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam cette femme qui était venue ce soir-là me parler et m’avait posé cette question sans hésitation.

C’est ainsi que j’eus la confirmation, indirectement, que des « informations » très nettes, très précises, pouvaient en effet circuler lors d’une TCH.

(Depuis, j’ai obtenu la garde partagée de nos deux enfants et les relations avec mon ex-femme se sont heureusement pacifiées)

« L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne »

Je ne cherche pas à prouver quoi que ce soit dans cette lettre, sinon que le Dr Charbonier fait preuve selon moi d’énormément de courage en continuant l’exploration de cet outil et d’une manière plus générale de « l’invisible », envers et contre tout.

Comme il le raconte dans son dernier ouvrage, pour avoir mis en place et poursuivi les ateliers de TCH, il a en effet reçu beaucoup d’attaques ; pas seulement des accusations de charlatanisme : des offensives plus mesquines et intimidantes.

Il a été convoqué à plusieurs reprises par le Conseil de l’ordre des médecins, qui a même diligenté une « expertise psychiatrique » (résultat : le Dr Charbonier est sain d’esprit et apte à exercer) et a même été, avec son épouse, mis en garde à vue pour des soupçons de fraude fiscale…

Il parle de tout cela avec beaucoup d’humour et de courage ; et, surtout, il n’est pas aveugle quant à l’origine de ces attaques : les « fantassins du cartel de Big Pharma », comme il les appelle dans son livre[7].

Il est vrai que l’apaisement et dans une certaine mesure la « révélation » qu’offre à certains son approche, ne fait pas bon ménage avec les vendeurs de médicaments chimiques, qui y voient une concurrence déloyale.

Et, d’une manière générale, reconnaître que beaucoup de choses dans cette existence échappent à la seule et unique grille de lecture matérialiste et biologique qui prévaut dans les ministères et chez les industriels, demande aujourd’hui non seulement beaucoup d’humilité, mais du courage.

Or, comme le disait avec beaucoup d’humour Pierre Desproges, « l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne ».

En cette fête de Pâques, qui nous invite à remettre de la spiritualité (et du spirituel, comme Desproges) dans nos vies, je serais heureux de lire votre opinion, et pourquoi pas votre expérience, sur tous ces sujets.

Je suis certain que vous avez, dans votre entourage, une personne ayant vécu l’un de ces phénomènes troublants ; peut-être même est-ce votre cas à vous ?

Joyeuses Pâques, et portez-vous bien,

Rodolphe


[1] https://www.universalis.fr/dictionnaire/ressuscitation/ – « Ressuscitation », définition de L’Encyclopedia Universalis

[2] Jean-Jacques Charbonier, Les Pouvoirs cachés de l’invisible, Trédaniel, 2024

[3] https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/quand-est-on-declare-mort-1962.html#item=1 – Isabelle Cuchet, « Quand est-on déclaré mort ? », in. Sciences & Vie, 18 juillet 2017

[4] Raymond Moody, La Vie après la vie, Robert Laffont, 2016

[5] Cf n.2

[6] Les Pouvoirs cachés de l’invisible, op. cit., p.27-28

[7] Ibid, p.73