Chers amis,
Mon « devoir de réponse » aux propos caricaturaux de Pr Fischer, mercredi dernier, vous a fait beaucoup réagir, pour partie sur mon site web, et pour partie sur le site Trustpilot.
Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour votre soutien et vos commentaires positifs.
Cependant, c’est à un commentaire critique suite à cette même lettre que je souhaite aujourd’hui répondre.
Voici ce que m’écrit Dominique :

Cher Dominique, je vous comprends
Cher Dominique, je vous comprends.
Je n’ai pu, moi aussi, depuis que j’ai commencé dans ce métier il y a plus d’une décennie, que constater l’inflation des articles et newsletters sur la santé naturelle.
Là il où n’y avait que quatre ou cinq lettres de référence il y a cinq ou six ans, il y en a maintenant des dizaines, d’intérêt extrêmement variable et, surtout, dopées à l’intelligence artificielle.
Il est difficile de s’y retrouver.
Et il est impossible de tout lire.
Moi-même je n’y arrive pas.
Autrement dit, la concurrence est féroce (plus que féroce : sans pitié), et multiforme :
- Il y a les newsletters générées « clé en main » en quelques secondes, qui se nourrissent de tout ce qui traîne sur le web et, hélas, sans relecture critique ;
- Il y a aussi aujourd’hui la pléthore de vidéos enregistrées par les influenceurs et spécialistes improvisés qui font le buzz, et dont le contenu est malheureusement tout aussi douteux, mais « prêt à l’emploi » ;
- Et la multiplication, sur les réseaux sociaux, de shorts (vidéos courtes) où l’on trouve littéralement à boire et à manger.
Je comprends donc, Dominique, que face à la profusion de cette « offre » il soit beaucoup plus agréable, et moins fatigant, de passer d’un contenu court à l’autre pour ce qui est de l’écrit, et de scroller d’une vidéo courte à une autre.
C’est une habitude bien confortable, sans doute, mais ce comportement ressortit davantage de la consommation.
Je ne vous accuse ni ne vous juge en rien ; je veux toutefois vous expliquer que j’essaie de m’adresser à des lecteurs attentifs et engagés, qui souhaitent prendre le temps d’y réfléchir à deux fois avant de faire des choix concernant la santé.
En l’occurrence, je ne pouvais pas « expédier » en une page word, voire moins, ma réponse au Pr Fischer.
Précisément parce que la chronique du Pr Fischer était expéditive, caricaturale, mal argumentée et non-sourcée, y répondre de façon sérieuse demandait à mes yeux un peu plus de temps et d’attention.
Aussi, pour ce type d’exercice, l’adage « les plus courtes sont les meilleures », qu’on applique d’ordinaire aux plaisanteries et que je peux lire en filigrane derrière votre « c’est trop long », me paraît-il, en toute franchise, peu à propos.
Néanmoins j’entends votre invitation à « ôter le gras du discours ».
Régime minceur
Peut-être écris-je des lettres trop longues.
Dans cet univers que j’ai décrit plus tôt de « prêt à penser » consommable à la façon d’un fast-food, j’ai bien conscience que mes lettres peuvent paraître trop bavardes.
Vous seriez cependant surpris si je vous disais qu’en relisant et reprenant mes lettres, je coupe bien plus de texte que je n’en rajoute !
Alors pourquoi, malgré tout, continuer à envoyer des textes dont la longueur paraît de plus en plus démodée ?
Eh bien, d’une part parce que ces lettres, sous la forme auxquelles je vous les envoie, sont « jaugées » de façon à être à la fois suffisamment digestes et détaillées pour le propos et/ou les solutions que j’y développe.
Peut-être que je n’y arrive pas toujours, je vous l’accorde volontiers.
Et puis, d’autre part, en vous écrivant je m’adresse réellement à vous : j’essaie de nouer un dialogue, forcément déséquilibré puisque tous mes lecteurs ne peuvent, ou ne veulent, pas me répondre. Mais c’est selon moi un impératif de respect envers vous, qui me lisez, de prendre suffisamment de temps, d’espace et de mots pour vous écrire.
Sans quoi je me contenterais de vous envoyer des SMS en style télégraphique ; mais, croyez-moi, ce serait infiniment moins agréable et instructif.
Bref, je veux bien ôter du gras de mon discours mais, pour l’écrit comme pour la cuisine, le gras c’est aussi la vie. Là où il n’y a pas de gras il n’y a plus de fluidité, ni de plaisir.
En cela, j’ai bien conscience d’aller à l’encontre d’une tendance marquée de notre époque qui veut que, d’après les rapports du CNL,
- non seulement nous lisions chaque année de moins en moins[1],
- mais que cette lecture est de plus en plus fragmentée par le temps passé à consommer des contenus courts sur les écrans, en particulier chez les plus jeunes[2].
À présent un aparté (désolé si ça fait trop gras) : j’ai passé mes jeunes années et le début de ma vie professionnelle à étudier, puis créer, des images – photo et vidéos.
L’image est un moyen d’expression littéralement captivant, et précieux. Et je l’utilise de plus en plus, vous savez, via notamment mes deux chaînes YouTube (« Votre Santé Votre Alimentation » et « Alternatif Bien-Être ») sur lesquelles je réalise des entretiens avec des médecins et thérapeutes.
Néanmoins je crois que la lecture, et les contenus écrits non-télégraphiques si j’ose dire, sont indispensables pour réfléchir, se positionner et prendre des décisions.
C’est pourquoi je continue à vous écrire.
Portez-vous bien,
Rodolphe Bacquet
[1] http://centrenationaldulivre.fr/donnees-cles/les-francais-et-la-lecture-en-2025 – « Les Français et la lecture en 2025 », Centre national du livre, avril 2025
[2] https://centrenationaldulivre.fr/donnees-cles/les-jeunes-francais-et-la-lecture-en-2026 – « Les jeunes Français et la lecture en 2026 », Centre national du livre, avril 2026