Chers amis,
Jeudi dernier, un ami me demandait ce qui me poussait à continuer à vous écrire, et si je souffrais des étiquettes que certains médias me collent pour mes positions parfois à contre-courant de la doxa médicale « autorisée ».
Il m’a également demandé si je me sentais « en décalage ».
La réponse aux deux dernières questions est non.
Celle à la première est l’objet de cette lettre.
« J’accuse », « J’assume »
Je suis sûr que vous êtes, ou avez été, abonné à d’autres lettres traitant de santé naturelle ou alternative.
Je ne vous livrerai pas un scoop en vous informant que l’écrasante majorité de ces lettres sont signées soit par des gens qui n’existent pas réellement (c’est-à-dire, auparavant, par un pool de rédacteurs « fantômes », naguère appelés « nègres », et désormais par intelligence artificielle), soit par des noms de plume.
Il y a quelques rares exceptions à cette règle : Fabien Moine, directeur des éditions Exuvie, Yves Rasir, ancien rédacteur en chef de Néo Santé (revue qu’il a revendue à un groupe de marketing, et qui est désormais vendue… avec une contrefaçon de mon Almanach !) ou le vétéran Michel Dogna, qui écrivent, et signent, en leur vrai nom.
Tous les autres, sans exception, utilisent un faux nom.
Je ne leur en fais pas le reproche. Je sais pourquoi ils ont choisi de masquer leur identité : pour protéger leur vie privée. Je respecte leur choix.
Cependant, lorsque j’ai commencé à écrire des lettres sur la santé, il y a 10 ans de cela, j’ai décidé (et j’ai même dû insister) pour le faire sous mon vrai nom, et pas sous une fausse identité.
Non pas par souci de publicité ou par prise de risque inconsidérée (et, si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que j’ai de fait été exposé), mais tout simplement parce que c’était pour moi une garantie d’honnêteté et de sincérité.
Je m’appelle réellement Rodolphe Bacquet, et ce que je vous écris, je le pense et le signe.
Or, je sais par expérience, et pour côtoyer certains d’entre eux, que les auteurs signant sous un faux nom vont parfois trop loin, voire mentent délibérément, en se cachant derrière leur masque. C’est bien commode.
Moi, j’y réfléchis à deux fois avant de vous envoyer ce que je vous écris, parce que je le fais en mon nom – celui que portent mes parents, mes enfants – et non sous couvert d’une identité fictive. Question de responsabilité, non seulement pénale, mais morale.
Je crois, aussi, que cela a plus de force ainsi. Imaginez-vous Émile Zola publier sous un faux nom son « J’accuse !… » ? Il aurait eu infiniment moins de poids. Probablement, aussi, ne serait-il pas mort assassiné pour ses prises de position.
Je ne me compare pas à Émile Zola (écrivain admirable… mais dont les romans m’ennuient et me dépriment !) et surtout je n’ai aucune intention de terminer comme lui, mais je salue son courage et son engagement.
Et, dans le sillage de son « J’accuse !… », je vous écris, moi, sous mon nom : « J’assume ! »
Nord magnétique
Voilà pourquoi, non, je ne souffre pas de servir de cible facile aux chiens de garde de la doxa techno-médiatico-pharmaceutique : c’est dans le contrat de départ que j’ai passé de moi à moi-même, et de vous à moi, en signant ces lettres.
Cela m’a valu quelques portraits ingrats de la part de journalistes peu scrupuleux, et la réduction à des étiquettes, disais-je, peu amènes, mais au moins je crois n’avoir fait montre ni de lâcheté, ni de faux-semblant.
En étant honnête avec moi-même, je suis honnête avec vous.
D’où, également, le fait que je ne me sente pas « en décalage » : je me sens, bien au contraire, parfaitement aligné avec mes valeurs, mon histoire, et ce nord magnétique personnel que constitue, sur ma boussole intime, le souci de la vérité et de la justice.
Cela vous paraîtra peut-être prétentieux ; quoi qu’il en soit, c’est ce nord magnétique qui me fait continuer à vous écrire au fil du temps.
Parce qu’au fil du temps, on change aussi. Certaines choses que l’on croyait justes se révèlent fausses, certaines vérités que l’on croyait entières se révèlent plus nuancées.
Cela, je vous l’écris aussi, si vous me lisez depuis longtemps.
J’ai été le premier, je l’assume encore, à crier au complotisme dès que la théorie de « l’échappement » de laboratoire du SARS-CoV-2 a émergé, avant d’admettre que c’était sans doute en effet l’hypothèse la plus vraisemblable.
Se tromper est humain, le reconnaître est indispensable. Je ne suis ni omniscient, ni infaillible.
Il me paraît, là encore, important de le rappeler lorsque l’on souhaite aider, informer, voire, en toute modestie, éclairer des lecteurs comme je le fais.
La « normalité »…
Je ne me sens pas en décalage avec moi-même, donc ; c’est peut-être un signe d’égocentrisme, mais cet ancrage intime est pour moi, je le répète, le nord magnétique qui guide mes pas et mon écriture.
Reste la question du décalage par rapport au groupe, qui était le sens initial de la question de mon ami ; autrement dit, le décalage par rapport à la « normalité » – à la norme !
Mon ami, pour m’expliquer ce qu’il avait en tête, a fait référence à une expérience de psychologie sociale assez célèbre, menée au début des années 1950 par le psychologue américain Solomon Asch[1].
L’expérience est simple, presque enfantine. On montre à un groupe de personnes une affiche sur laquelle figure une ligne verticale. Puis une seconde affiche, avec trois lignes de longueurs différentes.

La consigne : dire laquelle des trois lignes a la même longueur que celle du premier dessin.
La réponse est flagrante.
Mais voici le cœur de l’expérience : parmi les participants, un seul est un véritable sujet.
Tous les autres sont des complices, chargés de donner volontairement une mauvaise réponse, à l’unisson.
Et là, quelque chose de troublant se produit : dans une proportion significative de cas (75 %, soit les trois quarts !!!), le véritable participant finit par douter de ce qu’il voit pourtant clairement et se rallie à l’avis du groupe.
Il donne donc la mauvaise réponse, à l’unisson du groupe.
Non pas parce qu’il est convaincu, mais parce qu’il ne veut pas être seul. Parce qu’il ne veut pas être… « en décalage ».
Asch a ainsi montré que, face à l’unanimité apparente, une majorité d’individus est prête à nier l’évidence, au moins une fois, non pas par bêtise, ni par lâcheté consciente, mais par conformisme.
Le conformisme puise ses racines dans nos plus archaïques réflexes de primates, où le poids du groupe est immense, et où l’exclusion, réelle ou symbolique, fait peur.
C’est donc un réflexe… parfaitement humain.
Mais, vous le voyez, c’est un réflexe qui peut se manifester au mépris complet du bon sens et de l’évidence.
Je pense souvent à cette expérience lorsque j’entends invoquer « le consensus », « la normalité », « ce que tout le monde sait ».
La normalité n’est pas toujours synonyme de vérité. L’opinion majoritaire n’est pas forcément la bonne. Elle est parfois simplement le résultat d’un alignement collectif, entretenu par la répétition, l’autorité perçue et la crainte d’être celui qui dit autre chose.
Les médias mainstream ne font pas autre chose.
Ils sont, plus que jamais aujourd’hui où toute opinion jugée dissidente est brocardée comme « complotiste », « antivax » et bientôt – je suis prêt à prendre le pari – « antipatriotique », la voie du conformisme le plus pesant et, dirais-je même, le plus désespéré.
… et « l’anormalité »
Dans ce contexte, ne pas se sentir en décalage avec soi-même est déjà beaucoup.
Dire ce que l’on voit, ce que l’on comprend, ce que l’on croit juste, même lorsque cela dérange, me paraît être une forme minimale d’hygiène intellectuelle.
Je n’ai aucune prétention à être celui qui voit juste quand tous se trompent.
Mais je n’ai jamais regretté de suivre mon « nord magnétique » ; à l’inverse j’ai souvent regretté de l’avoir ignoré.
En réalité, si je remonte à plus loin dans mon existence, je vous dirai, comme j’ai dit à cet ami, que j’ai de facto toujours été en décalage avec certains aspects du « groupe ».
Lorsque j’étais écolier, j’étais celui qui ne prenait pas part aux matchs de foot dans la cour de récré, mais me mettais dans un coin pour dessiner.
Adolescent, je voyais mes camarades sortir en boîte et, en soirée, se passer des joints d’un air entendu. Je l’ai fait une fois ou deux, pour voir. Je n’y ai trouvé aucun intérêt ; pire encore, c’était assez désagréable. Dans tous les cas, ça me donnait mal à la tête.
Lorsque j’étais étudiant, ça n’était, chez la plupart, que beuveries et compagnie. J’évitais ces soirées, non par snobisme, mais parce que je trouvais assez misérable l’état chronique de gueule de bois dans lequel j’en retrouvais certains le lendemain.
Les rares fois où j’en parle, certains me répondent « Ah mais t’as toujours été vieux en fait ». Peut-être, peut-être pas ; tout ce que je sais, c’est que ça ne m’a pas manqué.
Je me trompe peut-être.
Mais je sais une chose : je préfère encore me tromper en mon nom, en accord avec ma conscience et mon expérience, que d’avoir raison par simple conformisme et « influence ».
D’ailleurs, je ne me définis ni comme « anticonformiste » de métier ni même comme « libre penseur » : je me rends simplement compte, parfois non sans effroi, que les techniques de manipulation de masse les plus grossières continuent à fonctionner…
… et que les plus élaborées, les plus fallacieuses, notamment grâce à l’IA, sont en train de se répandre comme une traînée de poudre !
C’est aussi pour cela que je continue à vous écrire.
Non pour être à contre-courant par posture, mais pour rester fidèle à ce nord magnétique intérieur dont je vous parlais plus haut, et partager avec vous mes découvertes, des solutions de santé dont je me dis : « mais c’est quand même dingue que personne n’en parle ! »
Et si, parfois, cela signifie être minoritaire dans la pièce, alors soit.
L’expérience d’Asch nous rappelle au moins ceci : être seul à voir une ligne droite ne la rend pas moins droite.
Portez-vous bien,
Rodolphe
[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Asch – Expérience de Asch (fiche Wikipedia)
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En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que Total Santé SA pourra l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.
Je suis comme vous pas du tout grégaire. Ça peut nuire ou protéger. Le respect et la sincérité c’est important et on peut se tromper, honnêtement. Les tabous ne font de bien à personne ni à la communauté. À propos le mot « sexe » est-il banni désormais ?
Bien cher Rodolphe,
J’ai toujours pressenti avoir, en Esprit, un jumeau, un double, voilà que votre dernier message » mon vrai nom » me le confirme : C’est vous en BEAUCOUP mieux.
Michel PIROD
Merci ! merci ! merci ! Monsieur Bacquet, votre article est excellent +++++++ je vous lis TOUJOURS avec un plaisir immense, je vous suis très reconnaissante, que Dieu vous bénisse
cher électron libre, je te souhaite de rester droit dans tes bottes et de le rester !
Bonjour Rodolphe!
Bravo pour votre sincérité et votre façon de voir les choses. Comme vous j’ai toujours été en quelques sortes en marge du troupeau. Pendant des années, moins lucide que vous, j’ai souffert de cette différence. Aujourd’hui, j’assume et en lisant des personnes comme vous cela me conforte dans mes intuitions et mes points de vue même si mon entourage n’est pas toujours aligné avec moi.
Merci!
Evelyne
En deux mots: bravo et merci!
Par ce petit mot je veux vous dire un grand Merci de partager vos opinions. Je vous lis depuis longtemps et je vous souhaite de continuer.
Francine Brien
Rodolphe,
J’ai lu ton texte avec beaucoup d’intérêt. Je l’ai trouvé authentique, incarné, et franchement rafraîchissant à une époque où tant de paroles sont désincarnées ou prudentes jusqu’à l’insignifiance. Le fait d’écrire sous ton vrai nom, d’assumer tes positions, tes erreurs aussi, donne une vraie force à ce que tu dis. On sent une cohérence intérieure, ce « nord magnétique » dont tu parles, et ça, ça ne trompe pas.
Le rappel de l’expérience d’Asch est particulièrement juste et éclairant. Il dit quelque chose de profondément humain sur le conformisme et la peur d’être seul, et il résonne fortement avec ce que nous vivons aujourd’hui. Ta manière de relier cela à ton parcours personnel rend le propos vivant, crédible.
En même temps, je me dis que le texte gagne à être lu avec discernement : le consensus n’est pas toujours synonyme de vérité, mais il n’est pas toujours erreur non plus. La ligne est parfois fine entre fidélité à sa conscience et méfiance généralisée. Cela n’enlève rien, à mes yeux, à la sincérité de ta démarche, mais invite à garder cette exigence de nuance que tu revendiques toi-même.
Quoi qu’il en soit, je comprends parfaitement pourquoi tu continues à écrire. Et je te remercie de le faire en ton nom, sans masque. Cela devient rare et précieux.
J’apprécie beaucoup vos articles. Dans ma jeunesse, j’étais comme vous. Aujourd’hui, à 85 ans, je ne regrette pas d’avoir, en plus de mes études de pédiatrie, appris et pratiqué l’homéopathie. Mon professeur, George Vouthoulkas, se trouvait en Grèce, où je vis actuellement. Je suis grec, mais j’ai appris le français dès mon plus jeune âge. C’est un grand plaisir pour moi de lire vos écrits et de me tenir au courant de l’actualité française. Je vous souhaite beaucoup de succès dans votre travail.
Ngounve cecile s inscris et commande
Tout simplement merci Rodolph
Bien assumé bravo. J’ai souvent fait référence au test de Asch durant la période noire de 2020, mais je n’ai réussi qu’à éloigner collègues, amis et famille. Etre ostracisé pour avoir refusé de souscrire à un discours généralisé mais trompeur, voilà dans quel monde nous vivons. J’ai entendu Idriss Aberkane parler de la fabrique du consentement, passé de longues soirées après le travail pour rechercher des sources fiables, entendu la longue interview de l’équipe de Reiner FUELLMICH avec le Dr David E. MARTIN, consulté les notices sur les sites de fabricants, lesquelles étaient mises à jour régulièrement, consulté les sites public de « pharmaco-vigilance » pour finalement être convaincu que l’homme préfère le troupeau à son propre libre arbitre. Pour reprendre les propos de David MARTIN : « Quand je vois des hommes cagoulés chargés de sacs sur le trottoir d’une banque qui vient d’être cambriolée, je ne me demande pas qui a fait le coup ». Pourtant, nous sommes entourés de Jocrisses qui idolâtrent leur enclos et son gardien, si corrompu soit-il. Alors merci de poursuivre sous votre vrai nom un combat que nous savons que nous ne gagnerons jamais…
Bonjour Rodolphe
Tout a fait d’accord ! Les quelques fois où je n’ai pas suivi mon intuition et ma ligne à moi j’en ai payé les pots cassés selon l’expression ! Faire une erreur ne fait pas perdre son cap ! Suivre le troupeau c’est une autre histoire !
Un très grand merci pour votre courage et votre sincérité. Cette position est, je pense, ce que j’ai ressenti depuis le début que je lis vos articles et votre revue et qui me pousse à continuer. Nous vivons de plus en plus dans la duperie et ça fait du bien de pouvoir lire des gens comme vous. L’honnêteté est une très très grande valeur. Toutes mes félicitations pour vos publications !
Bonjour,
Je me retrouve assez dans tout ce que vous avez écrit dans cette lettre.
J’ai toujours semblé à contre courant pour les autres gens que j’ai cotoyés depuis mon enfance car je ne me conformais pas à ce que eux trouvaient « normal ».
Je n’aime pas l’alcool en général, mais je ne dis pas non à un champagne rosé ou à du cidre, de loin en loin toutefois. J’ai fumé 2 cigarettes et demi dans ma jeunesse et je n’ai pas fini cette 3ème cigarette car dégoûtée par cela. J’aime lire des livres plutôt que de regarder la télévision.
Bref, votre lettre m’a bien plu.
Reconnaître quand on a eu tort est tout à votre honneur et montre quel homme vous êtes.
Je vous souhaite de pouvoir écrire ainsi encore longtemps.
Bien cordialement,
Nathalie L.