Pourquoi surclasse-t-il les autres thés ?

Chers lecteurs,

Souvent l’on voit des habitudes alimentaires ou mode de de vie réputées bonnes pour la santé depuis des siècles être « validées scientifiquement ».

Je trouve que c’est l’une des plus belles leçons de notre époque.

Je vous le disais dans un précédent message : le thé est considéré comme une plante médicinale en Asie depuis plusieurs millénaires.

Les Chinois l’utilisaient, et l’utilisent encore, pour brûler les graisses, faciliter la digestion, prendre soin de leur peau… Il était considéré comme un élixir de longue vie.

Depuis la fin du vingtième siècle, une quantité impressionnante d’études scientifiques a confirmé, et même mesuré précisément, les bienfaits du thé sur la santé.

C’est surtout vrai du thé vert, dont les études ont confirmé qu’il était le prince des thés du point de vue des vertus santé.

Palmarès impressionnant

Les centaines d’études sur le thé vert ont confirmé qu’il prévient et permet de lutter contre environ 60 maladies :

  • Il augmente la sensibilité à l’insuline (et donc baisse le risque de diabète de type 2) ;
  • C’est l’un des plus puissants antioxydants au monde (il lutte contre le vieillissement) ;
  • C’est un antiinflammatoire redoutable ;
  • Il réduit la tension artérielle ;
  • Il renforce la santé des os et prévient les fractures chez les personnes âgées ;
  • C’est un puissant désacidifiant, détoxiquant et détoxifiant naturel : il augmente le pH du corps et accélère l’élimination des toxiques ;
  • En cas de cancer, il détruit l’arrivée de l’oxygène vers les tumeurs (effet anti-angiogenèse) ;
  • Il renforce le système immunitaire.

Les secrets de ces remarquables bienfaits ont été percés.

Ils tiennent essentiellement à des composés très précis du thé vert : les catéchines.

Action immunitaire et anti-âge redoutable

Je suis désolé, je suis obligé d’employer des termes un peu techniques ici.

Les catéchines font partie de la famille des polyphénols, dont les vertus antioxydantes (c’est-à-dire qu’ils luttent contre le vieillissement des cellules) sont bien connues.

Ces catéchines, et en particulier l’épigallocatéchine-gallate (ou ECGC), sont depuis une quinzaine d’années identifiés comme la principale raison des bienfaits santé du thé vert.

Au Japon – pays à la pointe dans les études sur le sujet – le thé vert fait partie intégrante de la stratégie de prévention contre le cancer[1].

Plusieurs équipes scientifiques, dont celle de Richard Béliveau au Canada, ont constaté que l’EGCG du thé vert ralentit considérablement la croissance des cellules tumorales :

  • de la leucémie[2] ;
  • du cancer du sein ;
  • du cancer de la prostate[3] ;
  • du cancer du rein ;
  • du cancer de la peau ;
  • du cancer de la bouche.

Un allié anti-Alzheimer, anti-diabète et anti-AVC !

Ben que spectaculairement efficace contre les cellules cancéreuses, l’ECGC du thé vert s’est révélé :

  • préserver les cellules cérébrales[4] et être un agent préventif voire thérapeutique contre les maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson[5].
  • Diminuer le sucre sanguin, les niveaux d’insuline et réguler l’appétit ainsi que le poids corporel[6].
  • Joue un rôle assainissant sur le système cardio-vasculaire : il améliore la fonction endothéliale et le flux sanguin chez des patients souffrant de maladies des artères coronaires[7] et régule naturellement le taux de cholestérol[8].

L’effet de l’EGCG du thé vert est bien plus marqué que celui des autres thés (thé noir, thé blanc, thé Oolong) parce qu’il n’est pas fermenté.

Le thé noir, par exemple, contient 10 fois moins d’ECGC que le thé vert classique car le processus de fermentation altère la molécule.

2003 : découverte fracassante

Cette puissance de l’ECGC du thé vert en faisait la boisson la plus « santé » jamais identifiée… jusqu’en 2003.

Cette année-là, des chercheurs du Colorado ont fait une découverte fracassante sur une forme très spéciale de thé vert.

Je vous en dirai plus dans un prochain message.

A très bientôt,

Rodolphe Bacquet


[1] Hirota F. (2011) Green Tea Cancer Prevention. In: Schwab M. (eds) Encyclopedia of Cancer. Springer, Berlin, Heidelberg

[2] Inhibition of HuR and MMP-9 expression in macrophage-differentiated HL-60 myeloid leukemia cells by green tea polyphenol EGCg.

Annabi B, Currie JC, Moghrabi A, Béliveau R.

Leuk Res. 2007 Sep;31(9):1277-84. Epub 2006 Nov 1.

[3] 1. Hussain T. et al., Green tea constituent epigallocatechin-3-gallate selectively inhibits Cox-2 without affecting Cox-1 expression in human prostate cancer cells, Int. J. Cancer, 2004 Sept 28, e-pub ahead of print.

[4] Lee H. et al., Protective effect of green tea polyphenol EGCG against neuronal damage and bain edema after unilateral

cerebral ischemia in gerbils, J. Neurosci. Res., 2004 Sep 15, 77(6):892-900.

[5] Guo S. et al., Protective effects of green tea polyphenols in the 6-OHDA rat model of Parkinson’s disease through inhibition of ROS-NO pathway, Biol. Psychiatry, 2007 Dec 15, 62(12):1353-62.

[6] Tsuneki H. et al., Effect of green tea on blood glucose levels and serum proteomic patterns in diabetic mice and on glucose metabolism in healthy human, BMC Pharmacol., 2004 Aug 26, 4(1):18.

[7] Widlansky M.E. et al., Acute EGCG supplementation reverses endothelial dysfunction in patients with coronary artery disease, Journal of American College of Nutrition, vol. 26, n° 2, 95-102.

[8] Ouyang P. et al., Grean tea polyphenols inhibit low density lipoprotein-induced proliferation of rat vascular smooth muscle cells, Di Yi Jun Yi Da Xue Xue Bao, 2004 Sep, 24(9):975-9